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Depuis six mille ans la guerre
Plait aux peuples querelleurs
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.
Victor Hugo, La chanson des rues et des bois, Garnier Flammarion
© Poetesdefecamp
Sauf précision sur le texte| Novembre 2009 | ||||||||||
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... trois petits poètes fécampois !
Voilà un printemps qui s'annonce bien !
Promenons-nous dans les rues de la Ville
Rue Queue de Renard,
Tout le monde s’appelle Bernard. LA MER (GABIN)
Boulevard Albert 1er, Il y a un petitcourant dans la mer
On y va par milliers. On se baigne souvent dedans
A fécamp il y a des galets
Sente de la Crevette, On peut les jeter dans la mer
Les poules portent des crêtes. On y pêche des poissons qu'on peut manger
Place Petite Croix,
Il y fait toujours froid.
Rue du Trou au Chien
Est gardée par un dalmatien.
Petite Rue des Capucins
Est envahie par les poussins.
Rue de la Grande Ecole,
On y chante comme des casseroles.
Rue de l’Inondation,
On se pose des questions.
Est plus petite q’un placard.
Quai des Pilotes,
Père Noël a perdu sa hotte ;
Sente aux Matelots,
On navigue sur les flots.
Rue du Bois du Canada,
On chasse les pandas.
Sente de la Chapelle,
Mais où sont la rue des Goélands
Et celle des Cormorans ?
A Fécamp, évidemment !
Création Familiale :
Paul (5 ans), Gabin (7ans), Jules (7 ans),
LES BATEAUX
Les bateaux sont dans le port
Ils attendent leur propriétaire
Il fait beau la mer est calme
Les vagues sont petites
Ah, la mer c'est le grand bonheur
Paul
© Michel Voiturier
CERTAINS BRUITS
Ils naissent très souvent de la trame et de
l'or ils sont méconnaissables
pour le mortel commun
On ne les voit dormir que lorsqu'ils
feignent d'oublier le sable marginal
Ils gravissent le bleu qui noie les
tourterelles et ploient avec lenteur
vers de nouveaux cadrans
Passagers d'une odeur ils
construisent des ports où des voiliers
mouillés accostent doucement
Ils font tinter parfois
le plus beau du rivage
Ils nomment blé la déchirure
Ils naviguent autour d'un nuage
inquiétant où les couleurs du ciel
inventent une fête
Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.
Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
Barbes d'arbustes dénudés
Plantés dans l'eau grise.
Brindilles frisées sur un étang d'hiver
En touffes chaudes et serrées.
Et tandis que s'échappe l'haleine des brumes
Le soleil s'emflamme, embrasant les nuages.
Je plante mes pas dans la tourbe molle,
Grisé par le brouillis des givres.
Le cri de la râle d'eau se propage
Avec le ricochet du vent.
J'aspire l'air moite des feuilles brunes
Et je m'agenouille devant cette spendeur.
© Jacques Meurice.
(Photo : wikipédia, le râle d'eau)
(Portrait, wikipédia)
SUR LA FALAISE.
L’horizon bleu, ceinture immense étreint la terre
Dont l’âpre océan vert couvre à moitié le flanc.
L’air, dans tout son azur, n’a qu’un nuage blanc.
Et la mer a le pouls régulier d’une artère.
Le cormoran, pêcheur morose et solitaire,
Laisse flotter son aile en un cercle indolent.
Le flot doré palpite avec un rythme lent,
Et couvrant tous les bruits de son bruit les fait taire.
L’infini se découvre avec sérénité :
Alors on sent au cœur ton poids, Humanité
Qui souffre chaque fois que tu ne peux comprendre.
Et si du ciel, que berce au loin le flot uni
L’œil plus bas à nos pieds, se résigne à descendre
C’est encore un brin d’herbe, encore l’infini.
Etretat.
Les chimères. (Gallica)
Comme « une plume d’océan »
Le petit goéland dans son vol gracieux
Contemple de là-haut le monde des humains.
Par-delà les nuages, durant de longues heures,
Il vole à tire d’aile vers de nouveaux rivages
Pour porter des messages d’amour et d’amitié.
Vole petit goéland,
Et dis à tous les gens que tu rencontreras
Que tu viens de Saint-Pierre, pays des Terre-Neuvas.
Augusta Le Huenen
Jules Verne
On ne savait pas Jules Verne poète, mais on ne s'étonne plus de savoir le poète un peu dans la lune !
...du ciselé comme un flocon...
L'hiver bat la vitre et le toit,
Il fait bon dans la chambre,
A part cette sale odeur d'ambre
et de plaisir. Mais toi,
Les roses naissent sur ta face
Quand tu ris près du feu...
Ce soir tu me diras adieu,
Ombre, que l'ombre efface.
Paul-Jean Toulet, Les contrerimes, Poésie/ Gallimard
L’hiver
les petits arbres
dépeuplés
rabougris et
têtus
partagent
une absence de gestes
et de paroles
et déplient
lentement
sous la terre
leur douleur.
© Christian Laballery, Grain de sable, à paraître.
(Photo : Arbre en hiver, François BRES)
... il y a toujours un haïku de saison...
Le mince trou
fait en pissant
dans la neige devant la porte.
Issa (1763-1827) Haïkus anthologie, Fayard
A la vitesse de la neige
il chute
L'ascenseur
Masaki Yûko, née en 1952, Le poème court japonais d'haujourd'hui, Poésie / Gallimard
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